25 mai – 28 juin 2019

Leszek Skurski peint des moments, des fragments de vie, apparemment anodins. Images fixes, séquences d’un film, rien n’indique l’avant ou la suite de l’instant capturé. Ce temps d’arrêt lui-même reste incertain : l’arrière-plan flou et nébuleux fait apparaitre en gros plan la scène mais la nimbe de mystère. Des questions surgissent d’emblée. Que font ces gens ? Où vont-ils et que regardent-ils ? Sont-ils égarés ou au contraire concentrés, comme juste avant un acte décisif où le temps se suspend ? 

Dans ce décor difficilement saisissable émergent ces personnages, souvent par deux ou en petits groupes. Surgis de nulle part, ils semblent être en perte de repères dans l’immensité de l’univers blanc dans lequel ils évoluent. Le manque de contexte fait bientôt apparaitre leurs allures et leurs gestes moins fragiles qu’au premier regard. De leur posture se dégage le sentiment d’un soutien mutuel, d’un lien qui les unit dans l’intense nudité d’un présent qu’ils traversent, ensemble. 

L’espace indéfini marque une absence qu’ils occupent mais ne peut pas simplement être réduite à une vacuité. C’est son travail autour du blanc qui construit un vide qui n’en est pas un. En revanche, les grands plans opaques qui virent au beige ou au gris composent l’oeuvre et la structurent. 

L’artiste laisse au spectateur la liberté de tisser l’histoire et nous invite à poursuivre sa narration interrompue.

Alexandra Chiari